PIERRE-AMBROISE BOSSE NOUS CONFIE LES PHOTOS DE SON AGRESSION ET DEMANDE DE LES DIFFUSER

Message du champion :

 

« Cette agression a été un électrochoc. Je veux tourner la page de ce passage à tabac odieux et injuste. Je veux aussi que les gens sachent et voient ce qui m’est arrivé. Je veux surtout que ce qui m‘est arrivé serve à quelque chose. J’ai donc décidé de m’engager pour la Voix de l’enfant [association]. Je veux défendre les enfants, ces centaines de gosses battus, bafoués, méprisés, rudoyés, brutalisés ».

 

Les faits. « Pour me donner un peu d’air et m’extirper de cette foule compacte, un peu flippante, je cours jusqu’à ma voiture. Le temps d’ouvrir la portière, de mettre le contact, un petit groupe m’a rejoint et entoure la bagnole. Personne n’est vraiment agressif, tout le monde est sans doute un peu bourré. En tout cas, ils m’empêchent de partir. Je baisse la vitre. Je vanne gentiment et j’enclenche la première. La voiture commence à rouler tout doucement et là… je me prends une vilaine claque en pleine figure. J’ai laissé la vitre ouverte. Je sors, parce que quand même il y a des limites, et je me prends un direct monumental. Je tombe, sonné, je vois des pieds me frapper au visage, une avalanche de coups de pied, un truc de malade. Je m’évanouis. »

Juste après. « Je me réveille. Je suis toujours sur le parking, allongé, la gueule en sang. Personne n’a prévenu les secours, ni les pompiers, ni la police. Une connaissance qui est restée là sans intervenir me conduit aux urgences, à la Teste. Il est 5 h 30. Je ne comprends rien à ce qui m’est arrivé. »

 

Le diagnostic. « Je passe un scanner. Pas de lésions cérébrales mais un double fracture faciale : maxilaire et pommette. De nombreuses contusions, des hématomes et la tronche comme dans un étau. J’ai un vieux goût de sang dans la bouche. Six heures après mon admission à l’hôpital mon visage a triplé de volume. Ça n’est pas brillant. Les médecins craignent pour mon œil. Six mois de traitement pour une astigmatie, me dit-on, temporaire. Je rentre chez moi où ma mère et ma sœur me cajolent. Ça a été le plus grand choc de ma vie. Avant cette agression, j’avais l’habitude de dire que tout peut s’arrêter du jour au lendemain, ce que je pense profondément. Mais là, je l’ai vécu. Ce passage à tabac est d’autant plus injuste que je n’ai rien fait, ce n’est pas de ma faute, je n’ai aucune responsabilité dans ce qui s’est passé. C’est une parfaite injustice, une atteinte à la dignité humaine. »

Les conséquences. « Six semaines de repos forcé, autant dire que ma prochaine saison est déjà hypothéquée. Jusqu’à la mi-octobre, je n’ai pas le droit de pratiquer la moindre activité physique. Cinq ou six jours après l’agression, j’ai commencé à dégonfler. Je suis impressionné par la capacité qu’a le corps humain à absorber les chocs. Et comme, je suis à priori plutôt en excellente forme, je récupère rapidement. Il y a juste cette histoire d’œil qui me tracasse un peu. »