Mort de Véronique Robert : ses proches décrivent «une battante, une machine de guerre»

Grièvement blessée en Irak, Véronique Robert est décédée ce samedi à Clamart. La profession salue le courage et le travail de cette journaliste, mère de deux garçons.

Elle est tombée à Mossoul, un terrain de guerre dont elle était spécialiste. Véronique Robert, 54 ans, est décédée ce samedi à l’hôpital Percy de Clamart où elle avait été rapatriée en urgence après l’explosion d’une mine en Irak. La Franco-Suisse est morte après avoir arpenté pendant des années le Proche-Orient.

Son dernier reportage avait été diffusé en novembre 2016 par «Paris Match». Elle avait accompagné la Golden Division, la force d’élite de l’armée irakienne qui combat l’organisation terroriste Etat islamique à Mossoul.

Auparavant, la journaliste avait collaboré avec «Marianne», la presse suisse ou «Le Figaro».

Dans un hommage publié ce samedi, Nicolas Beau, directeur de la rédaction de «Mondafrique», décrit une Véronique «précieuse», qui «a toujours aidé ses confrères dans ce Moyen que tu as si bien connu». Caroline Mangez, rédactrice en chef chez «Paris Match», raconte sa «Vero», «une battante, une machine de guerre», «une secouriste hors pair» qui avaient porté secours à quelques soldats blessés de la Golden Division et qui rêvait de voir la fin de cette guerre en Irak, de «boucler la boucle».

 

Véronique Robert savait aussi se battre pour les causes qui la touchaient de très près. Pour sa famille, qu’elle «aimait tant», par exemple. La journaliste était mère de deux garçons. En 2007, elle avait refusé de laisser impuni le viol de son fils, Alex, âgé de 15 ans, à Dubaï où ils vivaient à l’époque. Elle s’était battue pour que les Emiriens mis en cause soit poursuivis et avait même monté un site, boycottdubai.com, pour que le viol soit inscrit au droit pénal dubaïote et pour que soient mieux pris en charge les patients atteints du sida dans cet émirat.

La spécialiste des terrains de guerre amenait aussi sa pugnacité sur les tables de poker, dont elle était une joueuse passionnée. «Sa joie communicative égayait toutes ses tables (…) Son courage n’avait pas d’égal, hormis peut-être son sourire qui la caractérisait tant», se rappelle ainsi le cercle de poker Clichy Montmartre.

 

«Lourd tribut payé pour la liberté d’informer»

Son producteur chez #5 Bis Production, Nicolas Jaillard, résume ce samedi Véronique Robert sur Facebook en quelques mots : une «femme hors norme».

La journaliste avait été très gravement blessée lundi dans l’explosion d’une mine à Mossoul. Elle tournait un reportage destiné au magazine «Envoyé spécial» de France 2. A ses côtés, sont décédés, le journaliste reporter d’images (JRI) Stephan Villeuneuve et leur fixeur kurde Bakhtiyar Haddad.

Elise Lucet a déploré ce samedi ce «lourd tribut payé pour la liberté d’informer», tandis que le secrétaire général de Reporter sans frontières, Christophe Deloire, a souligné «la tristesse de ceux qui sont attachés au grand reportage».