🇫🇷. Trafic de drogue dans le « 93 »: 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires/an, 100 000 « salariés ».

Complément d’enquête – France 2 – 14/09/17

Le trafic de cannabis en Seine-Saint-Denis rapporterait 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an et emploierait 100 000 « salariés ». A l’ombre des barres d’immeubles, cette économie parallèle s’est imposée.
Avec ses bons ou mauvais patrons, ses employés modèles, ses smicards et son « code du travail » très particulier.Aujourd’hui elle « perfuse » l’économie réelle : petits dealers et gros bonnets, avocats, hommes politiques et habitants, tous profitent directement ou indirectement de cette industrie du shit devenue indispensable.
Au « four », le travail du « charbonneur »

 

Chez les dealers de Saint-Ouen se pressent près de 1 000 clients par jour. A Aulnay-sous-Bois, Saint-Denis ou Bagnolet, certains « fours » rapportent quotidiennement jusqu’à 70 000 euros. Tarik est une petite main, un « charbonneur » : dans son hall d’immeuble, c’est lui qui vend aux clients leurs barrettes de hachisch. Payé à la journée, il n’a bien sûr ni congés payés ni cotisations retraite. Mais son salaire atteint 2 000 euros par mois. Deux mille euros en cash, impossibles à déposer à la banque. Alors, Tarik dépense, et il paie tout en liquide. Des petites coupures dilapidées dans les centres commerciaux du secteur. Loyer, voiture, courses au supermarché, vêtements : « Sans l’argent du trafic, certaines familles ne pourraient pas vivre », raconte le vice-procureur du tribunal de Bobigny.

Qui profite vraiment de ces millions en liquide ? Comment les narcotrafiquants blanchissent-ils cette manne ? L’Etat a-t-il vraiment intérêt à voir cesser la vente de stupéfiants ? Le shit pourrait bien être le premier employeur de Seine-Saint-Denis… Le 14 septembre, « Complément d’enquête » sur un secteur florissant, qui ferait vivre nombre de familles et de commerçants du département le plus pauvre de France.